Alpha Oumar Konaré ancien président de la République du Mali, membre du Haut Conseil de l’Organisation Internationale de la Francophonie et Docteur Honoris Causa de l’Université de Rennes en France, a pris part à PYA, localité située à plus de 300 kilomètres de Lomé en République de Togo, à la commémoration du 20è anniversaire du décès du président Gnassingbé Eyadéma. C’était sur invitation de Faure Gnassingbé, le fils du défunt qui dirige la république du Togo.
Cet événement qui s’est déroulé, le mercredi 05 février 2025 à Lomé, fut présidé par Faure Essozimna Gnassingbé, le fils de l’illustre disparu, qui dirige le Togo. Il a été marqué par la remise des distinctions honorifiques à plusieurs anciens présidents de l’Afrique. Contrairement aux propos de ses détracteurs animés de la haine fortuite, les deux mandats d’Alpha Oumar Konaré à la tête du Mali, de 1992 à 2002, ont été les plus engagés dans le développement. À l’époque, son pays faisait partie du lot des dix nations ayant les indices de développement les plus bas du monde.
Il a fait de son mieux pour obtenir des appuis, mais également instaurer l’équilibre entre les régions et est devenue l’une des figures emblématiques panafricaines. C’est ainsi que pendant son règne démocratique, divers programmes de développement socio-économiques furent conjointement financés par l’Union européenne (U.E) et la France. Malgré de graves lacunes du système fiscal malien, le Fonds monétaire international (FMI) finança le Programme d’ajustement structurel dont la première étape fut l’introduction en 1993 d’un impôt uniforme sur la consommation.
En mars 1996, le gouvernement obtint la stabilité territoriale grâce à la pacification du nord Malien par l’ouverture faite aux mouvements et Fronts unifiés d’Azawad (MFUA) qui réunit trois organisations armées formées par les touaregs et des combattants songhaïs du mouvement dit Ghanda Koy. Ceux-ci livraient des combats avec l’Armée nationale. L’offre gouvernementale de désarmement et de réinsertion dans l’armée malienne fut acceptée.
Malgré la croissance économique favorable du pays pendant les années 1990, il y eut de nombreuses protestations syndicales en raison de la privatisation de certaines entreprises publiques. Les élections législatives du 20 juin et du 3 août eurent lieu dans une atmosphère assez tendue à cause des violences, des arrestations d’opposants par la police et du boycott du scrutin par 18 partis. Finalement, l’ADEMA au pouvoir obtint la majorité absolue avec 128 sièges.
Lors des présidentielles du 11 mai de la même année, Alpha Oumar Konaré obtint la réélection non renouvelable jusqu’en 2002 avec 95,5% des voix. Il était face à Mamadou Maribatrou Diaby du parti de l’Unité, du Développement et du Progrès (PUDP), l’unique parti de l’opposition. Les huit autres candidats s’étaient retirés du processus en reprochant au pouvoir le manque de transparence des élections.
il a joué un rôle notable à plusieurs occasions au sein de la politique extérieure en tant que médiateur lors des crises en République Centrafricaine et en République Démocratique du Congo ex Zaïre. En 1997, des troupes de l’Armée malienne faisaient partie de la Mission interafricaine de surveillance des accords de Bangui (MISAB).
Il en est de même en 1998, concernant la Mission des Nations Unies en République Centrafricaine (MINURCA), des forces de pacification (ECOMOG) de la Communauté Économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée-Bissau. Durant les années 2000, Alpha Oumar Konaré s’est illustré dans l’apaisement de la crise politique en Côte d’Ivoire.
Auparavant, en 1999, il fut élu président de la CEDEAO, laquelle créa son premier parlement en 2000 avec comme siège social à Bamako. Il empêcha les tentatives de coups d’état par les militaires au Niger en avril et en Côte d’Ivoire en décembre 1999. Pendant son règne, le Mali a été le premier pays à ratifier le Traité de l’Union Africaine (U.A) qui a eu lieu à Lomé en juillet 2000. Concepteur du slogan « un village, une école », Alpha Oumar Konaré a également initié des chantiers visant à clôturer les cimetières et certains établissements scolaires.
Nouhoum Konaré