Lutte contre les pratiques corruptives en milieu scolaire :  L’OCLEI SENSIBILISE DES JEUNES SCOLAIRES SUR LEURS CONSÉQUENCES NEFASTES

Le centre international de conférences de Bamako (CICB) a abrité le lundi 24 février 2025, les travaux de la journée d’information et de sensibilisation sur les pratiques corruptives en milieu scolaire. Cette activité était couplée au lancement du réseau des jeunes pairs éducateurs dénommé Club Intégrité Honnêteté Conseil (CHIC), une initiative de l’OCLEI soutenue par ses partenaires. La cérémonie était présidée par le représentant du Premier Ministre et Ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation, chef du Gouvernement.

Rappelons que la mise en place dudit réseau vise à renforcer la culture du respect du bien public et le rejet de toutes les formes de délinquance financières chez les enfants.

Dans son discours d’ouverture, le représentant du Premier Ministre a rappelé que le combat contre le phénomène de la corruption est une question de survie de notre pays et que c’est l’une des préoccupations majeures des plus hautes autorités du Mali.

<< En effet, le Président de la Transition, Chef de l’Etat, son Excellence le Général Assimi GOITA, a clairement exprimé son engagement résolu à lutter contre la corruption sous toutes ses formes, pour une gouvernance économique et financière exemplaire et vertueuse.

Dans le Plan d’Actions de mon Gouvernement, la promotion de la bonne gouvernance s’annonce comme un pilier, car il s’agit pour nous de créer les conditions d’une gouvernance de rupture et d’exemplarité qui sera bâtie sur la lutte contre l’enrichissement illicite, la corruption, les détournements des biens publics et, surtout, l’impunité qui est le principal facteur ayant permis à ces vices de se propager dans nos pays.

Dans sa politique de lutte contre la corruption, le Mali a mis en place et soutenu des instruments de premier plan. Je veux citer la création et l’opérationnalisation de l’Agence de Recouvrement et de Gestion des Avoirs saisis ou criminels ; l’adoption du projet de décret relatif à la stratégie nationale de la lutte contre la corruption et de son plan d’actions 2023-2027. Cette avancée démontre l’engagement du Gouvernement du Mali à poursuivre la mise en œuvre de la Convention des Nations Unies contre la Corruption, adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies, le 9 décembre 2003 à Merida en Mexique et ratifiée par notre pays par la loi n°2005-043 du 22 juillet 2005. >> a t-il rappelé

Selon, l’orateur du jour, la corruption a des impacts négatifs sur tous les aspects de la société. Elle compromet le développement social et économique et sape les institutions démocratiques et l’Etat de droit.  Elle est l’un des obstacles majeurs au développement de notre pays. D’après une estimation récente de la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique, notre continent perd plus de 50 milliards de dollars par an en raison des flux financières illicites. Et la corruption compte pour beaucoup dans ces flux financiers illicites. Il dira que les participants et toutes les parties prenantes  ( société civile, secteur privé ) ont un rôle majeur à jouer dans la lutte contre le fléau. Il a enfin salué l’engagement de l’OCLEI et ses partenaires notamment la Communauté de Pratique en matière de Lutte contre la Corruption CPLC et le Projet d’appui à la Lutte contre la corruption pour et par le Genre (LUCEG), dans l’atteinte d’une gouvernance vertueuse dans notre pays.

<<L’organisation d’un réseau de jeunes pour lutter contre la corruption et l’enrichissement est un signal fort à l’endroit de la jeunesse malienne, pour mener un combat sans merci contre ce cancer qui a pour nom « délinquance financière et mauvaise gouvernance » >> a t-il laissé entendre.

D’après lui, son service s’est inspiré de la Commission indépendante Anti-Corruption (ICAC) de Hong Kong de Chine et au niveau du Bureau indépendant Anti-Corruption (BIANCO) de Madagascar pour mettre en place des Clubs Honnêteté et Intégrité et Conseil dans les écoles. Dr Guindo dira que la mise en place dudit réseau permettra d’apporter une innovation de taille à travers la mise en place du réseau des Clubs Honnêteté, Intégrité et Conseil (CHIC) dans les écoles, les lycées, les universités et les organisations formelles et informelles des jeunes.

Il a laissé entendre que dans le cadre de la poursuite du partage d’expériences, trois délégations de pays frères et amis participent à la 9ème Semaine de la Jeunesse contre la Corruption et à la présente cérémonie, à savoir : l’Autorité supérieure de Contrôle d’État et de Lutte contre la Corruption (ASCE-LC) du Burkina Faso, représentée le contrôleur général adjoint du Faso ; la Commission de Lutte contre la Délinquance économique, financière et fiscale (CoLDEFF) de la République du Niger, représentée un commissaire depolice membre de l’Assemblée plénière ; le Bureau indépendant Anti-Corruption (BIANCO) de Madagascar, représenté par le directeur du département de l’Éducation et de la Prévention et d’une jeune slameuse membre d’un Réseau Honnêteté et Intégrité (RHI)

Il a affirmé que le réseau des Clubs Honnêteté, Intégrité et Conseil (réseau des CHIC) est une réponse à l’une des orientations du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi GOITA, qui a fortement insisté sur la prévention comme un des outils majeurs à mettre en avant dans la lutte contre la corruption dans notre pays.

Très concrètement, un CHIC regroupe des jeunes de 5 à 40 ans qui créent, entre eux, créer un espace d’échange et de sensibilisation pour promouvoir les valeurs morales d’honnêteté, d’intégrité et, surtout, de rejet de la délinquance financière, notamment la corruption et l’enrichissement illicite sous toutes leurs formes.

L’approche CHIC est basée sur l’éducation par les pairs, pour cultiver chez les jeunes le respect du bien public et la culture de l’esprit citoyen. Ainsi, dans un CHIC, les jeunes réaliseront des activités artistiques et culturelles (dessins, jeux, poésie et autres textes littéraires, musique et danse), des activités sportives et des séances d’information et de sensibilisation (conférences-débats, causeries, émissions radio et télé) pour passer des messages contre la corruption et l’enrichissement illicite.

Cette approche s’inscrit dans la vision du Malikoura portée par les Hautes Autorités nationales, notamment l’éducation aux valeurs, le renforcement de la culture morale et civique chez les jeunes et la culture du rejet de la corruption et de toutes les autres formes de délinquance financière.

A ses dires, une étude réalisée en 2023 sur la perception des jeunes sur la corruption au Mali par le projet d’appui à la Lutte contre la Corruption par et pour l’Egalité des Genres (LUCEG) financé par le Canada, il ressort que : 64% des jeunes maliens estiment que l’éthique et la morale ne sont plus une préoccupation pour la plupart des jeunes et que c’est « l’appât du gain facile afin de s’enrichir à tout prix » qui compte le plus ; 66% des jeunes ignorent les missions dévolues aux structures de lutte contre la corruption. Il a ajouté que selon un sondage publié en 2024 par un organisme basé en Afrique du Sud, 60 % des jeunes de 18 à 24 ans de 16 pays africains jugent que la corruption menace leur avenir et que ce risque pourrait les pousser à tenter d’émigrer.

<< Ces statistiques sont révélatrices d’un constat amer : la corruption est un vice sournois, mais dévastateur. Ces statistiques nous interpellent tous et nous recommandent de redoubler d’ardeur dans l’accomplissement de notre mission.  Les organisations de la société civile, le secteur privé, les confessions religieuses, les femmes et les jeunes ont tous et chacun un rôle essentiel à jouer en matière de prévention, de sensibilisation et d’éducation des populations pour un changement positif des comportements. Aucune action n’est de trop et chaque citoyen doit jouer sa partition.

L’Office central de Lutte contre l’Enrichissement illicite continuera de jouer sa partition, toute sa partition conformément aux textes. A travers le réseau des Clubs Honnêteté, Intégrité et Conseil, l’OCLEI encourage les jeunes à rejeter la corruption et à refuser énergiquement l’enrichissement illicite fruit de la corruption. >> a t-il martelé

A noter que cette activité s’inscrit dans le cadre de la 9ème édition de semaine de la Jeunesse contre la Corruption qui a pour thème « S’unir avec la jeunesse contre la corruption. Former l’intégrité de demain » et ce, conformément à l’esprit de l’édition 2024 de la Semaine nationale de la Lutte contre la Corruption

Nouhoum Konaré

 

Please follow and like us:

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Résoudre : *
22 + 16 =


RSS
Follow by Email
Facebook
Twitter