La Coordination locale du Syndicat national des enseignants du Mali (SYNEM) de l’Académie d’enseignement de Kayes a déposé un préavis de grève de 120 heures, soit cinq jours complets, du lundi 2 au vendredi 6 mars 2026.
Ce mouvement, qui pourrait être reconduit en cas de non-satisfaction des revendications, vise à paralyser l’ensemble des établissements scolaires relevant des six Centres d’animation pédagogique (CAP) de la circonscription.
À l’origine de cette décision se trouve, selon les syndicalistes, la mutation jugée arbitraire d’un de leurs militants, mais surtout une série d’irrégularités persistantes dénoncées depuis plusieurs mois.
Dans une correspondance officielle adressée au Directeur du CAP Rive Gauche de Kayes (lettre n° 001-2025/SYNEM/SADIOLA), le syndicat pointe notamment la violation du plan de carrière lors de la nomination au poste de directeur de l’école de Sadiola Village Second Cycle A,
formalisée par la note de service n° 2025_07/CAP-KRG du 14 octobre 2025.
Les responsables dénoncent également le non-respect de l’arrêté n° 3282 dans les mutations d’enseignants de Sadiola Village « A » vers les cercles de Kayes et de Diamou (note de service n° 25_0101/CAP_KRG).
Le climat de tension s’est aggravé avec l’envoi d’une lettre de menace (n° 2025_160/CAP-KRG) au comité SYNEM de Sadiola en date du 9 décembre 2025, ainsi que le refus des autorités de signer le procès-verbal de conciliation ou de non-conciliation, comme l’indique la lettre n°005_2026/SYNEM/CL_AE KAYES adressée au gouverneur le 10 février 2026.Face à ces griefs, les enseignants exigent le respect strict de la loi n° 87-47 (notamment son article 3), de l’arrêté n° 3282 portant sur les conditions de mobilité et de mise en congé de formation des enseignants fonctionnaires des collectivités territoriales, ainsi que du plan de carrière des enseignants.
Mahamadou Traoré, Secrétaire général de la Division SYNEM CAP-Kayes Rive Gauche, a précisé que la grève concernera l’ensemble des six CAP de la zone : Rive Gauche et Rive Droite de Kayes, Yélimané, Ambedi, Bafoulabé et les autres structures affiliées.
Ce durcissement syndical n’est pas une première dans la région. Il y a quelques mois déjà, le SYNEM avait organisé un arrêt de travail de trois jours à Kayes-ville pour protester contre une nomination qu’il qualifiait d’illégale à un poste de direction d’école.
De nombreux militants déplorent aujourd’hui que les droits syndicaux soient systématiquement bafoués par les autorités censées les protéger et les faire appliquer.
La Coordination locale du SYNEM affirme agir de manière responsable et structurée, tout en appelant à une résolution rapide du conflit pour éviter une escalade préjudiciable à l’année scolaire.
Les regards se tournent désormais vers les autorités académiques et régionales, qui devront répondre dans les prochains jours à ce préavis déposé sur la table du Directeur de l’Académie d’Enseignement
.À suivre.
Nouhoum Konaré
Source : Kalanga Info

