Excès lors des cortèges de mariage à Bamako Le phénomène persiste malgré ses conséquences

À l’occasion des cérémonies de mariage, force est de constater que certains conducteurs d’engins à deux et à quatre roues exécutent des scènes de cascade dignes d’un film qui finissent souvent par transformer la joie en tristesse. Amara Traoré nous en détaille

De nos jours, le déroulement d’un mariage constitue un véritable souci tant financier que moral qui plonge dans l’insomnie beaucoup de chefs de famille et de mères d’enfants. Quelles en sont les causes ? Elles sont diverses ! Mais l’une des principales est liée au comportement de certains invités qui, au moyen de leurs engins, s’adonnent parfois au nom de la manifestation de joie, à des spectacles qui finissent dans les locaux d’un service d’urgence sanitaire voire (que Dieu nous en éloigne) à la morgue

Ce n’est un secret pour personne, souvent, les cortèges donnent lieu à des bagarres sur la voie publique causant le désagrément aux autres usagers qui, les jours de mariage à Bamako, vaquent simultanément à leurs occupations.

Ainsi, pour une série de salutations aux parents ou collègues du couple heureux, comme le veut bien notre tradition, les motos et voitures vrombissant et klaxonnant avec frénésie, se mettent à rouler à tombeau ouvert au mépris des règles du code de la route. Récemment, le conducteur d’une voiture appuyant la pédale d’accélérateur jusqu’au tapis afin de ne perdre de vue une procession de mariage, aurait violemment percuté un taxi qui le devançait

Selon la version d’un témoin, le chauffeur, dans le feu de l’action, aurait d’abord pris la clef des champs pour éviter de se faire lyncher par les gens rapidement venus porter secours aux occupants des véhicules. Plus tard, il se serait rendu à la police qui s’était lancée à sa trousse

On ne déplore aucun mort, Dieu en soit loué ! En revanche, trois passagers furent légèrement blessés. Les deux engins à quatre roues sérieusement endommagés par l’impact du choc, risquent de longtemps séjourner dans un garage de réparation. Quand on transportait les blessés vers des structures sanitaires privées ou publiques les plus proches du lieu de l’accident, parents et amis des mariés informés, le plus tôt possible grâce à la magie de la téléphonie mobile, ont aussi afflué de partout

 

Autre conséquence, rapporte notre informateur, est que les billets d’argent craquants en sortant des sacs à main et des poches à distribuer aux griots qui avaient commencé à complimenter les convives de manière extravagante ont servi à financer les premiers soins. Les objets de parure et le maquillage de la gent féminine coûtant plusieurs mois d’efforts physiques ont également été abimés

Durant le reste de la journée de ce Dimanche, les visages exprimaient la teinte de tristesse qui s’était emparée des gens. C’est dire qu’il y a un petit pas entre le cortège de mariage et celui funèbre que certains Bamakois risquent de franchir en se livrant à des excès sur la voie publique. « Si le Dimanche à Bamako est le jour des mariages » tâchons qu’il ne perde sa vocation symbolique en devenant « le jour de tous les problèmes ». Ce qui serait en contraste avec la chanson du célèbre couple malvoyant (Amadou Bagayoko et Mariam Doumbia) dont voici un extrait que savourent encore beaucoup de personnes en souvenir de leur mariage

Oumar Bah

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