Guerre médiatique : les bœufs d’abord, ensuite la charrue !

Les effets de la mondialisation se sont manifestés sur le plan technique avec une industrialisation plus rapide, économique avec la libéralisation des échanges, politique avec une coopération accrue entre les États et enfin culturel avec l’homogénéisation culturelle par la diffusion de produits culturels à l’échelle mondiale. Submergé par des images exogènes, le Mali fait face depuis de longues années à une pression terrible, menaçant son existence en tant qu’État-nation d’un point de vue culturel.

Les films, séries, documentaires et autres émissions, conçus et/ou venant de l’occident, restent la partie invisible de l’iceberg. Les enjeux de la guerre médiatique dont on parle actuellement vont au-delà des médias ou des programmes d’informations classiques. Le Mal est plus profond, car il s’est enraciné depuis l’avènement de la télévision au Mali et la création des premiers programmes audiovisuels. La menace est globale et intègre à la fois un processus d’acculturation et de déculturation.

Si le premier processus, l’acculturation, se traduit par un ensemble de phénomènes qui résultent du contact continu et direct entre groupes d’individus ayant des cultures différentes, ainsi que les changements qui se produisent dans les cultures originelles des deux groupes ou de l’un d’entre eux ; le deuxième processus (la déculturation) intègre une dynamique, intentionnelle ou non, par laquelle les croyances ou pratiques culturelles traditionnelles sont supprimées ou éliminées suite au contact avec une culture dominante différente.

Bien entendu, la libéralisation audiovisuelle favorise des emprunts culturels qui profitent à tous les pays. La découverte de l’autre, sous le prisme des œuvres audiovisuelles, a naturellement consolidé certaines pratiques culturelles au Mali, renforcé l’estime de soi en les populations, tout en aidant à la compréhension du monde. Mais, tout en restant dans le processus d’acculturation, il reste évident que le phénomène s’est soldé par un transfert à sens unique, et dont les aspects négatifs n’ont malheureusement pas fini de submerger les tenants et aboutissants sur le plan positif.

La réalité malienne est sans ambages. La mondialisation a entièrement déstructuré le semblant de fondement structurel qui restait à notre société. Les emprunts culturels, qui devaient de prime à bord renforcer notre capital culturel, ont effacé les fondamentaux de notre essence culturelle et fragilisé nos structures sociales. La guerre médiatique, la vraie, commence d’abord par une meilleure compréhension de cette dynamique culturelle.

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