École malienne à la croisée des chemins : un nouveau départ

L’éducation, pilier fondamental de tout État, mérite une attention particulière pour garantir le développement durable du pays. Au Mali, malgré les efforts financiers consentis, le secteur éducatif a longtemps été entaché par des pratiques peu reluisantes. Toutefois, les récentes réformes initiées par les autorités de la transition redonnent de l’espoir.

Un système en quête de stabilité

Pendant des années, le système éducatif malien a été soumis à des réformes successives, souvent importées et imposées par des partenaires extérieurs. Ces approches, peu adaptées aux réalités locales, ont transformé le pays en terrain d’expérimentation, avec des conséquences désastreuses : corruption endémique lors des examens, création décoles fictives pour détourner des subventions, et mauvaise gestion des fonds destinés à la formation des enseignants et à la construction dinfrastructures.

Ces dérives ont affecté la qualité de lenseignement, diminuant les performances des élèves et, par extension, la compétence des ressources humaines nationales.

Un vent de changement

Sous la transition actuelle, les choses semblent prendre une nouvelle tournure. Selon une enquête menée récemment, 90 % des personnes interrogées, composées dacteurs du secteur éducatif et de citoyens ordinaires, se disent optimistes quant à lavenir de léducation au Mali.

Cette perception positive découle notamment des initiatives menées par le ministère de lÉducation nationale, dirigé par le Dr Amadou Sy Savané. Depuis quatre ans, des mesures ont été mises en place pour assainir le processus des examens scolaires. Parmi celles-ci, la sécurisation des sujets d’examens, le renforcement des contrôles, et la transparence dans l’organisation des épreuves ont permis déliminer des pratiques comme les fuites de sujets, autrefois monnaie courante.

Lors dune rencontre au CICB le 18 mai 2024, le ministre Sy Savané, accompagné du directeur du Centre National des Examens et Concours de lÉducation (CNECE), Mahamadou Keïta, a détaillé les actions entreprises pour garantir léquité et la transparence des examens scolaires. Cette dynamique devrait se poursuivre lors des prochaines sessions, au bénéfice des élèves et de leurs familles.

Vers une refondation du système éducatif

Au-delà des examens, les états généraux de léducation ont formulé plusieurs recommandations ambitieuses pour refonder le système éducatif malien. Ces réformes incluent : la mise en uvre du PRODEC2, soutenu par la réforme Bac+3 des IFM; le suivi rigoureux des programmes officiels ; le recrutement de gestionnaires et denseignants qualifiés dans les écoles privées ; l’amélioration des infrastructures éducatives pour une couverture nationale optimale ; une réorientation des apprentissages pour répondre aux besoins socio-économiques, culturels, et environnementaux du pays.

Un rôle crucial pour l’État

Bien que les écoles privées pallient en partie le manque dinfrastructures et de personnel dans le secteur public, lÉtat doit veiller à leur bon fonctionnement. Cela passe par le contrôle du respect des cahiers des charges, notamment en matière de recrutement du personnel enseignant.

Par ailleurs, il est impératif dimpliquer davantage les collectivités territoriales, les communautés locales, et les acteurs privés pour garantir une éducation accessible et de qualité à tous les enfants maliens, dès le préscolaire.

Un avenir prometteur

Avec des actions concrètes et une volonté politique affirmée, léducation au Mali semble amorcer un tournant décisif. Si ces efforts sont maintenus et que les recommandations des états généraux sont mises en oeuvre, le système éducatif pourrait devenir un levier de développement durable, renforçant ainsi la compétitivité du pays sur la scène internationale.

Nouhoum Konaré

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