Mali : Assemblée Générale de la synergie des syndicats de l’éducation

Les syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 ont tenu une assemblée générale d’information à l’intention de leurs syndiqués. 

Cette grande mobilisation a pour but de faire le point de l’évolution des différentes préoccupations déposées sur la table du Gouvernement, depuis des mois.

Il s’agit aussi pour les leaders syndicaux de recueillir les avis des militants en vue d’adopter une position commune. Celle aboutissant à la réussite des actions qui ciblent l’atteinte des objectifs.

Figure à l’ordre du jour, le point n°10 axé principalement sur l’exécution du PV de 2019

Concernant ce point, les orateurs rappelèrent que le 18 mai 2019, le Gouvernement et la synergie des syndicats signèrent un procès verbal de conciliation fondé sur 10 points. Le dixième préconisa l’accès des enseignants fonctionnaires des collectivités aux services centraux de l’état.

Dans le but de résoudre ce problème, une commission tripartite composée du gouvernement, des syndicats et des conciliateurs fut mise en place.

Le rapport produit à cet effet contient plusieurs recommandations. Une d’elle prôna la relecture du statut général des fonctionnaires des collectivités. Suggéra également l’annulation des dispositions ayant trait à la durée de la mise à disposition. 

En clair, dans le cadre de la mise en œuvre du pacte de stabilité sociale et de croissance ainsi qu’au regard des engagements pris en tripartite, les syndicats de l’éducation ne s’exprimèrent à mots couverts.

Ils incitèrent le gouvernement à exécuter avec empressement l’ensemble des procès-verbaux signés avec les partenaires sociaux.

A les entendre, la satisfaction de ces points permettra d’une part de renforcer le climat de confiance entre partenaires. Elle résoudra d’autre part une foultitude de difficultés. Il s’agit de celles, auxquelles, sont confrontés les enseignants fonctionnaires des collectivités territoriales en situation de mise à disposition dans les services.

D’ailleurs en conformité à cette volonté affichée, les syndicats de l’éducation adressèrent une lettre au Ministre de l’administration territoriale et de la décentralisation. Ils proposèrent la relecture de la loi N°2018-035 relative au statut des fonctionnaires des collectivités.

Le deuxième point fait référence à la relecture du statut général des enseignants 

Sur la base des points de vue donnés par les militants, la synergie rencontra le Ministre du travail, de la fonction publique et du dialogue social. Au cœur des échanges : la rétrogradation des collègues au niveau de la classe 2, le fait que plusieurs promotions se retrouvent au même échelon, la date d’effet, le mode d’évaluation etc…

Lors de cette entrevue, le ministre fourni des éclaircissements. Assurant que des solutions seront trouvées aux soucis recensés. Notamment, la transposition au sujet de laquelle un comité adhoc fut mis en place. La synthèse de ses travaux serait  soumise à l’analyse des partenaires sociaux. 

A en croire les syndicalistes, cette réforme modernisa l’administration malienne. Elle introduit aussi une meilleure gestion des carrières, une réduction des échelons (17 à 14), un recrutement par concours, un avancement selon le mérite et une indemnité de départ à la retraite. En outre, elle harmonise la fonction publique, favorise l’équité et améliore les conditions de vie et de travail. 

Les vingt trois innovations relevées dans ce statut seront transposées dans le statut général des collectivités. Dans cette optique. une lettre fut adressée au Ministre de l’administration territoriale et de la décentralisation par son homologue de la fonction publique. 

Le troisième point concerne l’enrôlement 

Des actions syndicales fortes ont permis d’aplatir les obstacles rencontrés par les enseignants lors d’opération d’enrôlement.

Par ailleurs, les syndicalistes exprimèrent leur solidarité à ceux privés de leur salaire. Promettant qu’aucun effort ne sera ménagé afin de résoudre rapidement cette situation. 

Frais d’heures supplémentaires, paiements des rappels, primes de risque et frais d’encadrement 

Les syndicalistes firent le suivi de ce point, leur cheval de bataille. Rassurant les militants que des actions seraient menées pour le traitement diligent de ces dossiers en cours. 

La prime spéciale 

Cette question constitue un des points inscrits dans le PV de conciliation signé, le 13 décembre 2023, par les deux parties (syndicats-gouvernement).

On soutena que son octroi a été conditionné à la relecture de l’ordonnance de 1975 relative aux primes et indemnités au Mali. Pour ce faire, la conférence et le pacte demandèrent sa relecture prenant en charge les engagements de l’état, d’une part. Elle légalisa aussi les primes et indemnités octroyées aux agents, d’autre part. Plusieurs rencontres (syndicats et partenaires) furent lieu. Elles se sont soldées par des propositions concrètes consignées dans un document.

Dans la première, les syndicats remarquèrent qu’aucune mention ne spécifie les différents types de prime en des termes clairs. Il était simplement question de prime d’enseignement et d’encadrement. Or, les syndicats s’étaient battus pour la rendre conforme au PV de conciliation. 

Redéploiement des détenteurs de licence 

Vint l’épineuse question liée au redeploiement des détenteurs de licence au niveau du secondaire. Ils expliquèrent que la loi N°2024-001004/MEN-SG du 30 octobre 2024 fait penser à la suspension du redeploiement.

Elle reflète les négociations tenues à la Présidence entre les syndicats et le ministère en charge de l’éducation. 

Donc suspendre cette lettre de façon unilatérale et surtout à un moment où se déroulent les discussions, serait un mauvais signal. Car, il donnerait l’impression que les différentes rencontres n’étaient que des diversions. A les entendre, cette décision demandant de redéployer les détenteurs de licence au niveau du fondamental, brise définitivement la confiance instaurée entre les syndicats et le ministre. 

Cette question à la base d’un mouvement doit retenir l’attention de tous. « Le syndicalisme, c’est la solidarité.

Aujourd’hui c’est X demain ce serait Y », a-t-on fait remarquer. Soulignant que chacun aura besoin de l’accompagnement du syndicat à un moment difficile de sa vie. 

En somme, les défenseurs des droits des travailleurs demeurent figés sur cette ligne tracée depuis 2021. Ils ne sont prêts à lâcher prise qu’après la satisfaction de leurs griefs.

Nouhoum Konaré

 

 

 

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