Pôle national de lutte contre la cybercriminalité :  10 ans de prison ferme contre Ben le cerveau et le journaliste Chahana Takiou prend 1 ans dont 6 mois avec sursis

Ce lundi 27 juillet 2026, Adama Diarra dit Ben le cerveau a comparu devant la chambre criminelle de la Cour d’appel de Bamako. Le motif était : menaces et injures par le biais d’un système d’information. Le parquet a requis une peine de dix ans de prison ferme à son encontre.

Au cours de l’audience, on a procédé à la diffusion de l’enregistrement audio incriminé. Prié de s’exprimer, l’accusé a reconnu que l’une des voix était la sienne tout en contestant le reste du contenu. C’est une voix robotique », a-t-il déclaré.

Il nia aussi avoir tenu des propos insinuant un « pacte avec le diable » ou la présence d’« éléments à Kidal ». Affirmant que ces éléments sonores lui avaient été attribués en faisant recours à l’intelligence artificielle. L’usage de cette technologie se vulgariserait-elle ?

Par ailleurs, Adama Diarra a soutenu que la conversation en question était un échange privé avec un camarade de lutte. Il ajouta ignorer comment l’enregistrement fut partagé sur les réseaux sociaux.

De son côté, le procureur général Koké Coulibaly déclara dans son réquisitoire que les faits étaient suffisamment établis. Il rappela le parcours militant de l’accusé au sein du mouvement Yéréwolo et sa nomination au Conseil national de Transition (CNT).

Le procureur général fit également savoir l’implication de Ben le cerveau dans l’organisation d’une marche panafricaine interdite. Le ministère public invoqua ainsi le risque de récidive.

Pour sa part, la défense a contesté la valeur probante de l’enregistrement soulevant des doutes sur son obtention et l’identité de son auteur. À l’issue des plaidoiries, la Cour a mis l’affaire en délibéré.

Pour rappel, Adama Diarra ancien membre du CNT et ex-allié des autorités de la Transition a passé près de trois ans en détention. Dénoncé au pôle anti cybercriminalité, il a été écroué à la suite de deux enregistrements audios datant de 2021-2022.

Parallèlement à ce dossier, le journaliste Chahana Takiou, a comparu ce lundi 27 juillet 2026. Pour « atteinte au crédit de l’État à travers l’institution judiciaire », le directeur de publication du bihebdomadaire Le 22 Septembre a pris un an d’emprisonnement dont six mois avec sursis.

Les faits remontent au Forum panafricain des médias tenu à Bamako début juin 2026. Lors d’un panel sur le traitement judiciaire des journalistes, Chahana Takiou avait critiqué la loi relative à la cybercriminalité. Estima qu’elle poursuit les médias au détriment du régime relevant du délit de presse.

Un procureur présent avait alors menacé de l’arrêter sur-le-champ. L’échange qui en fut filmé et largement relayé avait provoqué une vive polémique.

Quelques jours plus tard, soit le 8 juin 2026, le journaliste a été placé sous mandat de dépôt. Son confrère Abdourahmane Keïta du journal Le Témoin a connu, le lendemain, le même sort pour des faits distincts.

Cette affaire a suscité de nombreuses réactions. La Maison de la Presse du Mali appelle à un procès équitable.

Nouhoum Konaré

 

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