Depuis quelques mois, la commune de Djalakorodji située derrière Banconi (l’un des quartiers spontanés de Bamako) aurait renoué avec une de ses vieilles habitudes qui ferait d’elle, un véritable sac à problèmes. En effet, un espace attribué devant servir de marché public serait sur le point d’appartenir de façon mystérieuse à une école dite « sauvetage ». De quoi s’agirait-il ? Lire notre coup de projecteur
À titre de rappel, depuis mars 2022, le Conseil communal de la mairie de Djalakorodji procéda à une délibération en harmonie aux textes en vigueur en République du Mali. Oumar Guindo qui y officiait et ses conseillers décidèrent alors d’attribuer en toute légalité dans le secteur dit « Namalé » un espace devant abriter le marché public. Pour celles et ceux qui connaissent la zone, cet emplacement est situé à quelques encablures du nouveau cimetière de Djalakorodji.
En fait, il était prévu que la municipalité et avec l’appui d’une liste de bailleurs sollicités pour leur engagement en faveur de cette commune, financeraient cet équipement collectif. Celui-ci a vocation de promouvoir le commerce local déjà impacté par divers facteurs difficiles à maitriser. Il s’agirait donc de donner une bouffée d’oxygène à la vie économique interne. Il est souhaitable d’encourager ce type d’auto développement sans attendre tout de l’Etat ? Pour preuve, le bureau APS retenu sur la base d’une sélection effectua, plus tard, les études techniques.
Au terme de ses travaux préliminaires, il proposa et conçu la maquette de ce marché avant de l’imprimer en couleur dont un exemplaire aurait été soumis à l’appréciation des décideurs. Un rapport relatif à ce projet de construction fut même produit et approuvé par les parties concernées. À savoir : les mandataires des familles fondatrices, les représentants des propriétaires terriens et ceux des leaders religieux.
Certains agents du service technique de la mairie de Djalakorodji auraient également feuilleté ce document tout en donnant leur avis favorable. « Les acteurs incontournables ont été impliqués à tous les niveaux de ce processus », explique sèchement une source crédible approchée par nos soins, le mercredi 8 juillet 2026. « Ils l’auraient même validé », précise-t-elle.
Malheureusement, quand on s’apprête à entamer la phase active de cet ambitieux dossier, une série d’événements tristement imprévisibles s’est déroulée dans notre pays. En conséquence, il aurait connu un blocage indescriptible. « Le bonheur et le malheur n’arrivent jamais, seuls », dit un adage.
C’est dire que les fonds promis avec emphase destinés à la construction de cet ouvrage n’auraient aussi plus vu le jour.
Les choses trainèrent ainsi et cela donna lieu à toutes sortes d’interprétations. La plus alarmiste d’elles bien orchestrée avait pour but de susciter la colère de certains habitants. Elle aurait consisté à faire croire aux gens que le maire Oumar Guindo aurait vendu l’espace en question. Mais, au nom de quoi aurait-il posé un tel acte passible de sanction ? Difficile de répondre.
On s’ingénia à éclaircir différents points d’ombre qui soulèvent, à juste titre, l’inquiétude de la population de Djalakorodji. Entretemps, le Conseil communal a été dissout en janvier 2025 lors d’un Conseil des ministres. Selon un texte disponible sur le net, cette décision est prévue par la loi n°004 du 13 mars 2023 relative au code des collectivités territoriales.
Les motifs qui justifieraient officiellement cette dissolution sont : morcellements irréguliers du domaine foncier et immixtions illégales. « Que sous-entendrait le mot – immixtions illégales ? », s’interrogent les profanes. « Serait-il une terminologie à relent néologiste ? » Là encore, difficile d’en savoir plus.
En tout cas, cette mise à l’écart du maire Oumar Guindo installa la joie du côté de ses détracteurs. Par contre, elle sema la tristesse dans le camp de ses partisans. Ces deux parties vivant ensemble se regarder finalement avec ironie. Les intentions bonnes ou mauvaises qu’elles avaient nourries se dissipent. Car chaque jour, la rudesse des réalités révèle à ces protagonistes une de ses faces cachées. Puis, un jour nouveau se leva brusquement à Djalakorodji.
Puisqu’en février 2025 (suivant une nomination) Diakaridia Konaté prit les commandes. Faut-il rappeler qu’il assuma durant plusieurs années les fonctions du Secrétaire général à la mairie de la Commune rurale de Djalakorodji. Désormais, cet homme a la lourde et l’historique charge « d’expédier les affaires courantes ». Jusqu’à quelle date ? Pour le moment, personne ne le sait.
Notre rédaction soucieuse de fournir la bonne information, l’a joint au téléphone. C’était l’après-midi du mercredi 8 juillet 2026. Dans un premier temps, Diakaridia Konaté voulut nous orienter vers celui qui est habilité à gérer les contentieux. Mais comme convenu, il ne donna plus le contact de ce responsable.
Alors, on se vit dans l’obligation professionnelle de faire un effort supplémentaire en l’appelant. Après avoir plusieurs fois composé son numéro, tentatives infructueuses, il décrocha enfin pour se prononcer sur ce sujet qui suscite la polémique à Djalakorodji. « Le maire a fait la délibération sur un espace qui n’a pas fait l’objet d’affectation », déclare tout d’abord Diakaridia Konaté. Ajoutant que les propriétaires de cette terre sont allés se plaindre au niveau du préfet de Kati.
En faisant quoi ? « En disant que leur espace a été pris en équipement marchand par le maire, sans leur aval », répond le chargé d’expédier les affaires courantes. Il précisa que le préfet lui a instruit d’introduire au tribunal administratif de Bamako une procédure annulant l’application du maire. À entendre Diakaridia, sa démarche qui attaque l’acte pris par le maire Oumar Guindo a été rejetée pour vice de forme.
« On nous a instruits de faire appel. On est à ce niveau », résume-t-il. « Aujourd’hui, l’ensemble du conseil de village de Djalakorodji en concert avec la société civile a écrit au préfet pour notifier qu’il est d’accord à ce que cet espace soit attribué à l’école dite sauvetage », explique Diakaridia Konaté. Les chefs des secteurs agissant au nom de la population ont-ils une légitimité reconnue au Ministère de l’administration territoriale ?
Cette question, on se la pose de manière répétitive. En effet, une déchirure sociale de longue date qui a trait à la désignation des chefferies continue d’y perturber la cohésion. En outre, Dieu seul pourrait mettre en lumière, le dédale parcouru par cette école dite « sauvetage ». Privée au départ en 2001, elle est devenue communautaire puis publique en 2011.
D’ailleurs, les documents y afférents seraient-ils fiables ? Cette interrogation vaut son pesant d’or. En fait, un rapport du Bureau de vérificateur général a révélé une foison d’illégalités concernant les pièces servant à la création d’établissements scolaires au Mali. Contacté le 17 juillet 2026, Karim Koné directeur du second cycle de l’école dite « sauvetage » était injoignable. Le 20 juillet courant, le Dieu du réseau téléphonique récompensa nos tentatives et Karim prit notre appel.
« C’est entre la chefferie et les gens qui veulent vendre le terrain-là », s’éloigne-t-il de ce problème. « Souvent, ils m’informent être au tribunal. Parfois, ils ne m’en disent rien ! », enchaîne Karim Koné. Soulignant qu’un membre du comité de gestion scolaire qui fait en même temps partie de la chefferie traditionnelle de Djalakorodji, en sait beaucoup.
Bref, à l’issue d’éreintants essais de vérification, nous sommes parvenus à une conclusion. Tenter d’expliquer l’existence de Dieu à celui qui regimbe est un exercice plus facile à réussir qu’apporter un coup d’éclairage à cette affaire faisant couler beaucoup d’encres et de salives. Elle parait giga ténébreuse de par ses complications sidérantes et l’implication de certains acteurs inespérés. Ses éléments réunis, font d’elle un méga cocktail provoquant un hyper tournis à éviter.
À suivre
Oumar Bah
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