Kolokani PÉLÉ de l’enfant de KOLOKANI au football leur professionnel en France

Il est parti de Kolokani, mais Kolokani n’est jamais parti de lui.

Il y a des carrières qui commencent dans les grands stades. Celle d’Abdramane Traoré, devenu célèbre sous le nom de « Kolokani Pelé », commence ailleurs : dans sa ville natale, au cœur du Bélédougou, là où le football se jouait avec passion, avec peu de moyens, mais avec une immense envie de représenter les siens.
C’est à Kolokani, avec l’équipe locale de l’OCK, qu’il reçoit le surnom de Pelé. Le nom devient, dans la mémoire sportive locale, le signe d’un talent qui dépasse rapidement les limites du cercle. Dès 1975, alors qu’il est encore en 7e année, il renforce également l’équipe de Nionssombougou lors des éliminatoires de la Coupe du Mali.
LE BÉLÉDOUGOU, PREMIÈRE ÉCOLE DU TALENT
Kolokani n’est pas ici un simple décor. La ville devient le premier chapitre d’une trajectoire qui montre comment un talent local peut prendre une dimension nationale puis internationale. Sur les terrains de l’OCK, Abdramane Traoré s’impose comme un milieu offensif capable de lire le jeu, de tenir le milieu et surtout de mettre ses partenaires d’attaque sur orbite.
Le récit consacré à sa carrière le décrit comme une véritable « tour de contrôle », avec une vitesse d’exécution remarquable et une capacité à organiser le jeu offensif.
Son parcours scolaire accompagne son ascension sportive. Admis au DEF en 1979 et orienté au lycée de Badalabougou, il doit choisir sa voie sportive. Son oncle Boubacar Dossolo Traoré souhaite le voir à l’AS Réal. Mais les conseils de son professeur de sport, Mamadou Diakité dit Doudou, ancien joueur et entraîneur du Stade malien, ainsi que son attachement aux couleurs du club, l’orientent vers les Blancs de Bamako.
DU STADE MALIEN AUX AIGLES DU MALI
Le passage au Stade malien constitue le grand accélérateur de sa carrière. Il rejoint une équipe où plusieurs figures importantes du football malien tiennent alors le flambeau. En quelques années, le jeune joueur venu de Kolokani se fait une place et atteint l’équipe nationale.
En 1980, il est convoqué avec les Aigles pour la Coupe Amílcar Cabral en Guinée-Bissau. Deux ans plus tard, il participe au sacre du Stade malien en Coupe du Mali, remportée face à l’AS Biton de Ségou sur le score de 4-2. Ces étapes donnent à son parcours une portée qui dépasse désormais le seul cadre de Kolokani.
LE JOUR OÙ STRASBOURG OUVRE LA PORTE DE LA FRANCE
La bascule vers le football professionnel ne doit rien au hasard. Au lendemain de la finale de la Coupe de la municipalité, durant la saison 1982-1983, un coopérant français nommé Roland lui propose une opportunité à Strasbourg.
La réponse de Kolokani Pelé révèle déjà un homme qui ne sépare pas ambition sportive et réussite personnelle. Il demande du temps afin de décrocher son baccalauréat et de poursuivre l’aventure de la Coupe UFOA avec le Stade. Il obtient finalement son BAC et, après l’élimination du Stade, rejoint la France.
À Strasbourg, il signe un contrat professionnel de quatre ans. Son intégration sportive est d’abord freinée par la présence de deux joueurs brésiliens et par la régularisation de sa situation administrative. Une fois cette période passée, il parvient à s’imposer jusqu’au terme de son engagement.
“Je voulais d’abord décrocher mon baccalauréat.”

STRASBOURG, BASTIA, TROYES, QUIMPER : UNE CARRIÈRE QUI CHANGE D’ÉCHELLE
Strasbourg n’est que le début d’un nouveau chapitre. Après son passage en Alsace, il rejoint Bastia, alors en deuxième division. Il explique ce choix par la recherche d’un environnement sportif porté par davantage d’enjeux et d’ambitions.
Puis viennent Troyes (1990-1992) et le Stade Quimpérois. Son parcours français dessine ainsi une trajectoire originale : celle d’un joueur formé dans un environnement local au Mali, passé par le Stade malien et l’équipe nationale, puis devenu professionnel dans le football français.
“Je voulais d’abord décrocher mon baccalauréat.”

UN PROFESSIONNEL QUI N’A JAMAIS CESSÉ D’ÊTRE MALIEN
La réussite de Kolokani Pelé ne se mesure pas uniquement en contrats ou en clubs. Elle se mesure aussi à la fidélité à son pays et à sa ville natale. Pendant sa carrière professionnelle, il continue de répondre aux appels de l’équipe nationale, notamment lors des éliminatoires de la CAN 1986 contre la Côte d’Ivoire.
En 1989, une blessure à l’entraînement l’empêche de participer pleinement à la campagne des Aigles à la Coupe Amílcar Cabral. Mais il choisit de rester avec le groupe jusqu’à la fin de la compétition. Le geste raconte une conception du maillot national qui dépasse la seule présence sur le terrain.
“Je ne saurai rompre avec mon village, qui a fait de moi ce que je suis aujourd’hui.”

KOLOKANI N’EST JAMAIS RESTÉ DERRIÈRE LUI
C’est peut-être la partie la plus forte de son histoire. Alors qu’il vit en France, Kolokani Pelé dit retourner au Mali plusieurs fois par an et se rendre dans son Kolokani natal pour retrouver ses amis d’enfance. Il évoque leurs vies, leurs difficultés, leurs souvenirs.
Il aurait pu devenir un ancien joueur malien installé en France. Il choisit de rester un enfant de Kolokani devenu professionnel en France. Dans cette histoire, la ville natale n’est donc pas seulement le point de départ : elle demeure le fil rouge.
DU FOOTBALLEUR À L’HOMME DE TRANSMISSION
L’autre dimension remarquable de Kolokani Pelé est sa volonté de transmettre. À Strasbourg, il ne se contente pas de jouer : il entreprend des études de droit, obtient une maîtrise et rejoint le domaine du marketing et du développement chez Adidas. Il passe également des diplômes d’entraîneur à Clairefontaine.
Son idée pour le football malien est révélatrice de son état d’esprit : aider sans chercher à remplacer. Il propose de mettre son expérience au service de l’encadrement technique, notamment pour le travail avec les attaquants et l’organisation des entraînements. Sa démarche est présentée comme une contribution, et non comme une prise de pouvoir.
UN HÉRITAGE POUR LA JEUNESSE DE KOLOKANI
L’histoire de Kolokani Pelé peut être racontée aux jeunes footballeurs comme une leçon en plusieurs actes : croire en son talent ; travailler à l’école ; respecter ses éducateurs ; saisir les opportunités ; ne pas oublier ses origines ; préparer l’après-carrière ; et, surtout, penser à la transmission.

Kolokani Pelé n’est pas seulement le surnom d’un ancien footballeur. C’est une histoire de territoire portée par un homme. Un enfant de Kolokani a foulé les terrains du Mali, porté le maillot national, remporté la Coupe du Mali, traversé la Méditerranée sportive et construit une vie professionnelle en France.
Mais au bout du voyage, le point de départ reste intact : Kolokani. C’est là que le surnom est né. C’est là que le talent a été reconnu. Et c’est là que l’homme continue de revenir.
“Il est parti de Kolokani, mais Kolokani n’est jamais parti de lui.”

REPÈRES DOCUMENTAIRES & NOTE ÉDITORIALE
Source principale : Roger Sissoko, « Que sont-ils devenus… Abdramane Traoré : Respect à Kolokani Pelé ! », 31 août 2019, publié par Aujourd’hui-Mali et repris notamment par Maliweb, Bamada et Mali Actu. Les éléments de carrière et les propos attribués à Abdramane Traoré sont fondés sur cette source.
Note : Le présent texte est conçu comme un article patrimonial et sportif. Pour une édition définitive, il est recommandé d’ajouter des photographies d’archives authentifiées : Kolokani/OCK, Stade malien, équipe nationale, Strasbourg et portrait de Kolokani Pelé, avec légendes et crédits.
KOLOKANI PELÉ | DE KOLOKANI À STRASBOURG

1975

OCK de Kolokani ; renfort de Nionssombougou.

1979

DEF ; lycée de Badalabougou.

1980
Aigles du Mali – Coupe Amílcar Cabral.

1982

Coupe du Mali avec le Stade malien (4-2).

1982-1983

Départ vers Strasbourg.

France

Strasbourg → Bastia (D2) → Troyes → Stade Quimpérois.

Après le terrain

Études de droit ; maîtrise ; activité chez Adidas ; diplômes d’entraîneur à Clairefontaine.

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