Négligence et erreur dans les structures sanitaires À quand la fin de la mortalité qu’elles causent ?

Décidément, on s’habitue au fil du temps à apprendre des nouvelles selon lesquelles une négligence ou une erreur indéniable s’est produite dans une structure sanitaire (publique ou privée) de la place. L’un ou l’autre cas causerait la paralysie d’un membre voire le décès d’un patient ou d’une femme en attente d’accouchement. « Ces établissements censés offrir les soins seraient-ils devenus des mouroirs ? », s’interroge-t-on. Lire notre cri de cœur

Ces derniers temps, les cas de décès inexplicables sont monnaies courantes un peu partout au Mali. Où surviennent-ils précisément ? Eh bien dans certains établissements (privés et publics) exerçant la médecine générale et celle spécialisée. Cependant, la sincérité impose de reconnaitre que ce phénomène déplorable est loin d’être une particularité propre à notre pays. Mais, s’y produirait-il beaucoup et à un rythme effréné ? La question demeure posée.

En revanche, on sait que suite à la mort d’un individu par négligence ou erreur médicale, les coups de colère sont proférés souvent accompagnés par de malédictions et de stridents pleurs à larmes chaudes. Mais, ces réactions hyper émouvantes ne feraient ni chaud ni froid aux professionnels de ce secteur si vital. Il en serait de même concernant les actions en justice parfois intentées par les parents de nombreuses victimes à l’encontre d’éventuels auteurs.

En toute honnêteté, est-il concevable de perdre la vie après avoir payé une somme élevée et non remboursable aux gens censés la sauver ? Non ! Serait-il facile de tolérer la mort subite d’un être cher, à qui, on aurait administré (par légèreté ou ignorance) un soin inconvenant ? Là encore, la réponse est non ! Surtout, en cette période de l’évolution de l’humanité marquée par le bas prix de vente et la disponibilité à gogo de certains outils médicaux très pratiques ?

Procéder à une sérieuse vérification préliminaire de l’état général d’un malade, avant tout traitement, constitue aussi une des recommandations phares exigées il y a belle lurette par la déontologie. Il est notamment suggéré aux soignants de s’intéresser à l’anamnèse (passée et présente) des souffrants qu’ils reçoivent à tout instant. Du moins, exceptée la prise en charge, de certains cas exceptionnels relevant de l’extrême urgence. Cette mesure de prudence à respecter scrupuleusement fait partie des rudiments enseignés par la médecine basique.

Bref, perdre un parent, un ami ou un collègue qui a solitairement conduit son engin (à deux ou à quatre roues) pour se rendre à une visite médicale (de routine ou improvisée) se généralise. Les gens se rivalisent de raconter, au gré des conversations ordinaires, un récit pitoyable ayant trait à la survenue de ces deuils. Il ne se passe un seul mois, sans en apprendre un, bien évitable, si les précautions étaient prises par un personnel qualifié.

L’autre hic à mettre en exergue est qu’aucun effort notoire ne serait entrepris en vue d’inverser cette mauvaise tendance. Au contraire, elle se banalise et avec un sentiment instinctif clair de déculpabilisation. Quand surviennent ces décès par négligence ou erreur, on se fait même faussement consoler en attribuant toujours les causes à la fatalité. Une interrogation pertinente vient automatiquement à l’esprit. Serviraient à quoi, les différents syndicats et la kyrielle d’ordres (de médecins, de docteurs et d’infirmiers) qui pullulent au Mali ?

Ces organisations seraient-elles particulièrement dynamiques à défendre les intérêts insatiables de leurs membres et asthéniques s’il faut préserver ceux des patients ? La vie des pratiquants de la médicine est-elle liée à celle des malades ? Naturellement, oui ! À preuve, les nantis (patients et parents) n’hésitent à délier les cordons de leur bourse. Pourquoi ? Parce qu’ils espèrent ainsi bénéficier des soins de qualité qui sauvent leur vie ou atténuent leurs douleurs. Cette inter-réaction génère des recettes pour les caisses des hôpitaux privés et publics fréquentés.

Par ailleurs, la création des cliniques de proximité fut autorisée au Mali quelques années après l’avènement en 1991 de la démocratie. Théoriquement, leur présence dans le dispositif global viserait deux objectifs majeurs. Primo, appuyer les établissements sanitaires publics saturés par la prise en charge du flux de malades de provenance diverse. Secundo, maximiser le taux d’accès des citoyens aux soins spécialisés. C’est ce que fait savoir une source crédible qui a requis l’anonymat.

Mais dans la pratique, aujourd’hui certains de ces cabinets privés auxquels font recours les richissimes seraient sur le point de devenir de véritables mouroirs. Sans citer de nom (pour se mettre à l’abri des ennuis) force est de souligner une unanimité écœurante. En fait, de nombreux fortunés ont poussé leur dernier souffle dans les cliniques les plus réputées donc très chères.

Finalement, explique notre informateur, les promotrices et promoteurs en quête du gain auraient donné à leurs personnels une instruction punissable au moindre non-respect. Elle consisterait à évacuer immédiatement vers les structures sanitaires nationales tout cas (nouveau ou ancien) qui serait en fin de vie. Cette approche à visée de marketing que de thérapie permettrait de préserver le renom de ces des établissements. Donc, de garder leur clientèle dépensière.

Ce faisant, elle porterait un lourd chapeau à la tête des centres publics de santé. En effet, ces derniers sont au quotidien (accusés à tort ou à raison) d’être les lieux d’enregistrement de la mortalité. « Généralement, certaines cliniques privées de l’intérieur tout comme celles de l’extérieur de Bamako, nous envoient que les cas de malades en extrême phase terminale », se défend une femme.

Elle travaille dans un département spécialisé du Centre hospitalier universitaire Point G. Situé sur une colline surplombant la ville de Bamako (la capitale), cette structure constitue l’une des quatre plus grandes du Mali. « Tout le monde sait que les cas sévères des différentes insuffisances viennent chez nous pour attendre leur dernière heure », enchaîne-t-elle.

C’est dans ce contexte qu’une lueur d’espoir se profile à l’horizon. Les chantiers transformant les Centres de santé de référence (CSREF) en districts visibles un peu partout au Mali viendront à coup sûr mettre un terme à pas mal de difficultés auxquelles, les citoyens sont butés. Fruit du projet urgence hospitalière, lui aussi né de l’initiative présidentielle du Général d’Armée Assimi Goïta, ces nouvelles infrastructures seront dotées d’équipement de dernier cru de l’industrie sanitaire.

Tout en réduisant le coût d’accès public à la santé, elles permettront également de limiter le nombre d’évacuation à l’étranger. Comment se déroulent les travaux ? Les Ministères concernés les suivent-ils ? Enfin, le colonel Assan Badiallo Touré serait-il au four et au moulin pour contribuer à la réussite des chantiers de la présidence dans le domaine de la santé ?

À suivre

Oumar Bah

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