Rapport du BVG sur l’OCLEI : Des irrégularités à corriger, un bilan opérationnel qui reste solide

Le rapport du Vérificateur général sur la gestion de l’Office central de Lutte contre l’Enrichissement illicite (OCLEI) relève 352,9 millions de FCFA d’irrégularités financières sur la période 2021-2025.

Un constat qui appelle des corrections, mais qui ne saurait, à lui seul, résumer l’action d’une institution engagée depuis plusieurs années dans la prévention et la lutte contre l’enrichissement illicite au Mali. 

Le contrôle du BVG rappelle un principe essentiel de bonne gouvernance : aucune institution publique ne doit échapper à la reddition des comptes, y compris celles investies d’une mission de contrôle ou de lutte contre les atteintes à la probité publique.

Pour autant, une distinction essentielle s’impose entre les irrégularités relevées dans la gestion administrative et financière et le bilan opérationnel de l’OCLEI

Un bilan opérationnel qui reste solide

Les chiffres officiels de l’OCLEI témoignent de l’importance du travail accompli depuis sa mise en place.

Dans son rapport-bilan des huit années d’activités, couvrant la période 2017-2025, l’Office fait état de 63 affaires portant sur près de 32 milliards de FCFA, 42 dossiers transmis à la justice et 550 biens suspectés depuis 2017. 

Ces résultats permettent de replacer les constats du rapport du BVG dans une perspective plus globale. Les insuffisances constatées doivent être prises au sérieux et corrigées, mais elles ne peuvent effacer le travail réalisé par l’Institution dans l’accomplissement de sa mission.

Il ne s’agit donc ni de minimiser les conclusions du Vérificateur général ni d’accorder un quelconque passe-droit à l’OCLEI. Il s’agit de restituer les constats pour ce qu’ils sont et d’éviter que le montant des irrégularités relevées soit présenté comme le résumé du bilan de l’Institution.

Irrégularité financière ne signifie pas détournement de fonds

C’est une précision essentielle dans la lecture et le traitement public de ce rapport. Le document fait état de 352,9 millions de FCFA d’irrégularités financières.

C’est sous cette qualification que ce montant doit être présenté. Il faut donc éviter de transformer, dans le débat public, ces irrégularités en « détournement de 352,9 millions de FCFA ». Une irrégularité de gestion et un détournement de fonds ne sont pas synonymes.

Sur la base des éléments repris dans le document, le BVG parle d’irrégularités financières et non d’un détournement de 352,9 millions de FCFA. Cette nuance est fondamentale : les faits doivent être rapportés conformément à leur qualification, sans extrapolation.

Irrégularités de gestion et bilan opérationnel : deux réalités à distinguer

D’un côté, le rapport fait état de 352,9 millions de FCFA d’irrégularités financières sur la période 2021-2025.

De l’autre, le bilan opérationnel de l’OCLEI fait ressortir 63 affaires portant sur près de 32 milliards de FCFA, 42 dossiers transmis à la justice et 550 biens suspectés depuis 2017. Ces deux réalités ne s’annulent pas.

Les irrégularités doivent être corrigées ; les résultats obtenus dans l’exercice des missions de l’OCLEI doivent également être reconnus.

Le véritable enjeu pour l’OCLEI est désormais de tirer les enseignements du contrôle, de corriger les insuffisances relevées et de renforcer ses mécanismes internes.

Nouhoum KONARE

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