Protection sociale : les hommes de médias outillés pour promouvoir le RAMU

La salle de conférence du Musée national de Bamako a accueilli, jeudi 3 septembre 2026, un atelier de renforcement des compétences destiné aux journalistes et professionnels des médias sur le Régime d’assurance maladie universelle (RAMU) et le rôle de l’Union technique de la mutualité (UTM).

Présidée par Hassane Boré, président du conseil d’administration de l’UTM, la rencontre a rassemblé les principales organisations de la presse malienne autour d’un enjeu central de protection sociale.
La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence de Bandiougou Danté, président de la Maison de la Presse, d’Ali Diarra, président de la Mutuelle générale de solidarité de la presse (MUGESPRESSE), de Bassidiki Touré, du Fonds social de la presse (FONSOPRESS), de Boubacar Yalcouye, de l’Association des éditeurs de presse privée (ASSEP), et de Modibo Fofana, de l’Association des professionnels de la presse en ligne (APPEL-MALI).Cette séance de formation permet aux journalistes d’acquérir des informations fiables, précises et accessibles, afin de renforcer la qualité de leurs productions et de contribuer efficacement à la promotion du Régime d’assurance maladie universelle (RAMU).Dans son discours, Bandiougou Danté, président de la Maison de la Presse, a souligné que les hommes de médias jouent un rôle déterminant dans la sensibilisation des populations aux grandes réformes nationales, telle que le RAMU.
Dans le domaine de la santé, a-t-il rappelé, la responsabilité des médias pèse plus lourd encore :
« Une information imprécise crée la confusion. Une information incomplète alimente les malentendus. Une information claire, vérifiée, accessible et pédagogique peut rassurer, expliquer et favoriser l’adhésion. »

Selon le président Danté, la Maison de la Presse estime que l’accompagnement des grandes réformes par les médias doit respecter les principes fondamentaux du métier : vérification des faits, équilibre, indépendance éditoriale, rigueur et recherche de l’intérêt général. Pour lui, le rôle des journalistes n’est pas de faire la promotion aveugle d’une politique publique, mais plutôt d’informer, d’expliquer, de questionner et de permettre aux citoyens de comprendre.
Le président de la Maison de la Presse a salué l’engagement sans faille de la MUGESPRESSE pour cette initiative, qui démontre que les professionnels des médias doivent eux-mêmes être des acteurs de la protection sociale en adhérant massivement à leur mutuelle.

Il a enfin encouragé toute initiative pouvant rapprocher la réforme des citoyens :
« La santé est une richesse, la solidarité une force et l’information un pouvoir. Faisons en sorte que ce pouvoir soit exercé avec responsabilité, professionnalisme et engagement », a-t-il conclu.« Quand on veut changer le monde sur le court terme, le journalisme est l’arme la plus efficace », a déclaré Aly Diarra, président de la MUGESPRESSE, dans son discours d’ouverture.

Cette pensée illustre avec une acuité particulière la responsabilité historique autour de laquelle les acteurs des médias et ceux de la mutualité se retrouvent.
Selon lui, cette activité va au-delà d’une simple rencontre technique : elle constitue l’acte de naissance d’une alliance vitale entre le monde de l’information et le mouvement mutualiste.

Il a reconnu la vision humaniste du président Hassane Boré, PCA de l’UTM, socle sur lequel repose l’espoir des journalistes de endiguer leur vulnérabilité sociale. Dans la grande architecture du RAMU pilotée par la CANAM, l’UTM occupe une place stratégique en tant qu’organisme de gestion délégué (OGD).

Elle en est le bras armé de la solidarité et de la proximité.Le doyen Aly Diarra a salué l’engagement sans faille du président de la Maison de la Presse, Bandiougou Danté, en faveur de la liberté de la presse et de l’adhésion de la corporation à la protection sociale à travers la MUGESPRESSE.

Il a ajouté que l’on ne saurait parler de protection sociale en fermant les yeux sur la situation de la corporation elle-même. Les professionnels des médias font face aujourd’hui à une précarité déconcertante, eu égard à leurs conditions de vie fragiles.

Il a évoqué la nécessité de l’adhésion des confrères à la protection sociale et a illustré son propos par une anecdote tirée du vécu de certains journalistes à travers le pays :
« Ceux-là qui passent leur journée à relayer la détresse des sans-voix sur nos ondes, mais qui, une fois la maladie venue, se retrouvent démunis, incapables de s’offrir un ticket modérateur pour leur prise en charge. »

C’est pour briser ce cycle d’injustice que la MUGESPRESSE s’associe à l’UTM.
D’après Aly Diarra, la force des journalistes réside dans l’action collective, un chantier admirablement labouré au quotidien par le FONSOPRESS, autre segment de la protection sociale de la presse.

« La vulnérabilité n’est pas une fatalité. Solidaires, nous inversons la tendance », a-t-il conclu.Pour Hassane Boré, président du conseil d’administration de l’Union technique de la mutualité (UTM), la protection sociale en santé constitue un enjeu majeur pour le pays.

Garantir à chaque citoyen un accès équitable à des soins de qualité exige la mobilisation concertée de l’État, des organismes de gestion, des mutuelles, des professionnels de santé, des partenaires techniques et financiers ainsi que des populations.

Le RAMU contribue à renforcer la solidarité nationale et à réduire les difficultés financières auxquelles les ménages sont confrontés en cas de maladie. Sa réussite repose toutefois sur une compréhension claire de ses objectifs, de son fonctionnement et de ses avantages, ainsi que sur la confiance des populations .

Cette ambition s’inscrit dans la vision portée par Son Excellence le Général d’armée Assimi Goïta, Président de la Transition, Chef de l’État, dont le leadership met l’accent sur la souveraineté, la solidarité nationale et l’amélioration des conditions de vie des populations.

L’engagement du président Goïta en faveur du renforcement des services sociaux de base et de l’accès équitable aux soins constitue une orientation majeure pour la consolidation de la protection sociale au Mali.

À cet effet, les médias constituent un relais essentiel entre les institutions et les citoyens, à travers la radio, la télévision, la presse écrite, les médias en ligne et les réseaux sociaux.

Ils contribuent à expliquer les politiques publiques, à sensibiliser les populations et à lutter contre la désinformation.

Il est essentiel de faire connaître les mutuelles comme des instruments de solidarité, de protection sociale et d’accès aux soins. Pour le président Boré, la réussite du RAMU repose sur la mobilisation et la complémentarité de l’ensemble des acteurs : l’État assure la régulation et l’orientation stratégique ; les organismes gestionnaires veillent à une administration rigoureuse et transparente ; les mutuelles demeurent proches de leurs adhérents ; les prestataires garantissent la qualité des soins ; et les médias assurent une information fiable, claire et responsable.Dans cette perspective, l’UTM souhaite établir et consolider un partenariat durable avec les professionnels des médias.

« Votre contribution est déterminante pour faire du RAMU une réalité comprise, acceptée et pleinement appropriée par les populations. Nous vous invitons à poser vos questions, à partager vos expériences et à formuler vos suggestions, afin de contribuer à l’élaboration d’un discours clair, pédagogique et adapté aux réalités de nos concitoyens en matière de protection sociale en santé. » L’UTM réaffirme son engagement à accompagner toutes les initiatives visant à améliorer la connaissance du RAMU, à promouvoir la mutualité et à renforcer la confiance des populations dans les mécanismes de protection sociale.

Nouhoum Konaré

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