Le médecin chef de Baraouéli révoque Bakary Keita : Le village de Kamba qui l’emploie en dit niet !

Le médecin chef du Centre de santé de référence de Baraouéli, le Dr Salif Sidibé, a décidé de mettre fin (pour incompatibilité) aux fonctions de Bakary Keita agent de santé communautaire en service au village de Kamba qui relève de son ressort. Les habitants estimant que les prestations de Keita répondent à leurs besoins s’y opposent et entendent saisir le ministre de la santé, le colonel Assan Badiallo Touré. Lire notre récit

Décidément la localité de Kamba située à 22 km de Baraouéli et à 180 km de Bamako (la capitale) s’abonne à l’actualité nationale. Après s’être offerte la couverture du réseau de la téléphonie mobile Orange Mali et l’étrange mortalité de ses ruminants, il y a quelques mois, elle vient d’ouvrir une autre parenthèse. De quoi s’agit-il ? Lisez les faits. Le Dr Salif Sidibé médecin chef du Centre de santé de référence (CSREF) de Baraouéli chapeautant les structures sanitaires de l’état disséminées dans la préfecture de Baraouéli, a voulu mettre fin aux fonctions de l’agent de santé communautaire Bakary Keita déployé depuis plus d’une décennie à Kamba.

Le Motif évoqué dans la correspondance du Dr Sidibé adressée, le 04 août 2023, au chef du village de Kamba : Keita mène des activités « incompatibles » à ses fonctions. Cet état de fait, aux dires de Sidibé, aurait été constaté au cours de la mission de supervision nationale et régionale effectuée, le 17 juillet 2023, dans ladite contrée par une forte délégation du ministère de la santé. Vrai ou faux, les habitants et les conseillers du chef de village font une autre lecture de ce qui se passe.

Ainsi, ils ont formé un bloc solide pour s’opposer à la décision du Dr Sidibé prétextant que Keita a su satisfaire leurs besoins en matière de couverture sanitaire, sans la moindre erreur. « Nous ne serons jamais dans une querelle entre collègues, mais nous sommes toujours engagés à préserver nos intérêts par des moyens légaux », ont fait savoir les habitants de Kamba dans un courrier de réplique adressé au médecin chef du Centre de santé de référence de Baraouéli, le Dr Salif Sidibé.

« L’arrivée de Bakary Keita à Kamba nous a été notifiée par voie appropriée et son départ devrait aussi suivre la même procédure et non par une décision unilatérale bureaucratique nous excluant d’une démarche concernant notre village dont nul autre ne saurait mesurer son importance mieux que nous-mêmes », déplorent le chef du village et ses conseillers. « Ce manque de considération à notre égard, nous tenons, à vous le faire savoir avec désapprobation. Car, il sous-entendrait déjà une volonté inavouée de votre part », ont-ils expliqué.

« Si le départ de Keita s’avère nécessaire pour des motifs que nous ignorons, sachez d’avance, que son remplaçant doit avoir les capacités professionnelles permettant de répondre à toutes nos attentes afin de nous éviter les calvaires dus aux évacuations surtout en période hivernale dans une zone où la population souffre énormément », ont-ils enfin averti. Les habitants du village de Kamba, selon un de leurs ressortissants résident à Bamako, ont raison d’agir de la sorte à cause des peines dont ils endurent. « En cas d’urgence, le transport spécifiquement des malades impotents et des femmes prêtes à accoucher se fait au moyen d’une charrette à traction d’âne ou d’une moto cahoteuse », a-t-il raconté en langue nationale Bambara.

En plus de cela, ils empruntent une route impraticable longue de 7 km pour arriver à l’Association de santé communautaire (ASACO) de la commune rurale de Boidjé. Et si le cas est grave, ils font des efforts supplémentaires en vue d’atteindre le Centre de santé de référence de Baraouéli soit un parcours total de 22 km et souvent sous la pluie battante ou un soleil aux rayons brûlants la peau.

Insupportable est aussi leur douleur, expliquent-ils, de déplorer parfois le pire à leur arrivée à Boidjé ou à Baraouéli dû uniquement au retard pris à cause d’un long et éreintant parcours. Qui connait ces réalités éprouvantes mieux que les habitants de Kamba ? D’ailleurs, ils n’en sont pas une exception au Mali.

Déterminés, les habitants de Kamba ont déjà fait part de leurs appréhensions à la direction régionale de la santé, à la préfecture de Baraouéli, à la sous-préfecture de Tamani, à la Mairie et à l’Association de santé communautaire (ASACO) de Boidjé. Ils entendent également taper à la porte de Madame le Ministre de la Santé si rien n’est entrepris pour inclure leurs préoccupations dans la démarche consistant à faire remplacer l’agent de santé communautaire Bakary Keita par un autre. Ce bras de fer engagé entre la localité de Kamba et le Dr Salif Sidibé médecin chef du Centre de santé de référence (CSREF) de Baraouéli s’annonce passionnant.

Enfin, de quelle maternité veut-on aujourd’hui construire à Kamba ? Est-ce de la poudre aux yeux et d’où vient le financement ? Qui sont ceux qui ont empêché l’ONG allemande APA Mali de doter ce village en Centre de santé communautaire (CSCOM) dont les capacités sont incomparables à celles d’une maternité qui a une vocation limitée ? Comment les travaux de carrelage du CSCOM de la commune rurale de Boidjé auraient-ils été facturés à 5 millions de nos francs ? Qui a décelé cette affaire avant de prendre les photos à l’aide de son téléphone et dont les images seraient arrivées à Bamako dans le bureau d’un service ?

À suivre…

Oumar BAH

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